L’adolescence, une tension entre corps et psyché.
Le processus adolescent sur la voie d’une subjectivation convoque de façon aigue la question du corps et ses multiples expressions. Il est marqué par une transformation narcissique identitaire qui vient faire vaciller la constitution du refoulement et les identifications narcissiques primaires.
Face aux défis de la construction identitaire et de la découverte de la sexualité qui bousculent le rapport aux autres et à soi-même, cette appropriation n’est pas sans risque. Les vécus, les ressentis corporels sollicités par la transformation pubertaire subie viennent assaillir l’adolescent dans une effraction quasi traumatique du sexuel. Il suscite un travail psychique visant à s’affranchir de l’autorité parentale qui vient raviver la position dépressive et implique un travail de deuil vis-à-vis des objets oedipiens.
Ce bouleversement peut conduire à diverses manifestations plus ou moins graves et préoccupantes pour s’en protéger ou tenter de le maitriser, témoignages de l’étrangeté ressentie face à un corps qui devient autre et des angoisses qui accompagnent ces manifestations comme des angoisses primaires de chute, de dépersonnalisation. On peut assister à des décharges par la voie somatique ou comportementale qui témoignent d’un débordement de la psyché : attaques auto-agressives comme les scarifications, les troubles du comportement alimentaires (anorexie, boulimie), passages à l’acte suicidaires, les somatisations diverses, et aussi une exhibition du corps avec le piercing et le tatouage, une obsession du look (dysmorphophobie..) ou au contraire un camouflage, ainsi que des troubles de l’identité sexué, des dysphories de genre.
La psychopathologie témoigne de ces impasses, de ces butées qui rendent aléatoire le travail de représentation, de symbolisation et des identifications dont le but est de s’approprier une identité.
Si comme le souligne Winnicott aux parents « vous avez semé un bébé et récolté une bombe » comment accompagner l’adolescent dans les remaniements psychiques de la puberté et son formidable potentiel. La valence traumatique de cette transformation et la violence qui l’accompagne suscite un surcroit d’excitations non métabolisables – facteur économique- qui peuvent aussi interroger l’après-coup de traces laissées par un maternel traumatique ? Et, comment relancer des voies de transformation du côté de la créativité autrement dit de l’espace potentiel cher à Winnicott qui est au cœur même de l’expérience créatrice ?
Dans la partie théorique nous nous réfèrerons à différents auteurs afin de réfléchir sur les conditions requises pour instaurer un espace de travail psychothérapeutique propice à l’élaboration psychique.
Dans la partie clinique, nous tenterons de repérer à partir de vignettes cliniques rapportées par les participants les mécanismes psychiques qui entravent l’élaboration psychique en interrogeant aussi l’impact transféro-contre transférentiel de l’analyste et sa capacité de rêverie.
Brigitte Bernion et Nathalie Castay
Textes
Bibliographie disponible prochainement
Objectifs pédagogiques
Samedi 07 novembre 2026
Séminaire théorique de 2 heures. De 13h30 à 15h30.
Séminaire clinique de 2 heures. De 16h00 à 18h00
Les « Samedis» de la Sepea sont ouverts aux psychothérapeutes qui le souhaitent, sous réserve d‘un entretien préalable avec un membre de la Sepea.
Tarifs & Inscription
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